dimanche 29 avril 2007

Mission Anniversaire



Nos anniversaires arrivent toujours un jour ou l’autre. Le mien, c’était le 26 avril dernier. Nous avions invités tout le monde.
Tout le monde, c’est d'abord les autochtones : Hella, Kim, Lucas, Mats et André. Et puis, tous les autres.

Et ils sont venus!
Quatre scooters des neige alignés devant notre campement.
La Mission Anniversaire était arrivée !

Vous pouvez imaginer comme nous avons été heureux des les voir et de partager toutes les bonnes choses qu’ils nous ont apporté.


Le plus beau cadeau c’est bien sûr, qu’ils soient venus jusqu’à nous.
Conduire un scooter pendant 200 kilomètres dans un territoire hostile et inhabité, pour se rendre à une fête d’anniversaire, ce n’est pas banal !
Ce n’est plus une expédition, c’est une mission !

J’en suis encore complètement bouleversé et heureux. Avec nos amis, Sigrid, Sanna, Päl et Trond, nous avons fait à Flabreeen la plus belle fête au monde.

Ils sont repartis vers le Nord avec quelques lettres pour les personnes qui nous sont chères et nos meilleurs pensées pour le voyage du retour.

Parmi toutes les choses importantes dans ma vie, l’amitié tient une place première.

Nous pensons à vous, les amis. Nous espérons que notre retour s’est bien passé et vous remercions pour cette fête extraordinaire que nous avons partagé.

Ulli

Une chaise longue, un plongeon et le goût de la vitesse

Des nouvelles toutes chaudes de l’Arctique tout froid !

Confortablement installé dans une chaise longue, je contemple une montagne rouge qui s’élève au-dessus d’une baie gelée.

En savourant un bon bain de mer, j’observe la dérive de la banquise.

Je glisse tranquillement sur mes skis à 45km/h et je vois défiler le paysage sauvage et les glaciers du Sud du Spitzberg.

Vous ne comprenez rien à ce que je vous raconte? Continuez à me lire !

Ces derniers jours ont été remplis d’événements mémorables : paysages à vous couper le souffle, moments forts partagés.


Nous avons installé notre campement et sommes restés une journée entière sur un glacier qui surplombe la baie d’Isbukta, où la mer gelée forme une banquise.
Le contraste entre les falaises sculptées du front du glacier et la mer gelée dans la baie était surprenant.

Et j’ai pris le temps de me modeler un fauteuil confortable dans un bloc de neige pour pouvoir profiter pleinement de la vue.

Désolé, mais je ne vous décrirai pas cette vue.
Non que je ne veuille pas le faire, mais les mots me manquent pour décrire une telle plénitude.
J’ai passé toute l’après-midi et la soirée dans mon fauteuil de neige.
Quand nous sommes repassés à ce même endroit quatre jours plus tard, en remontant du Cap Sud, le fauteuil de neige était toujours là, visible à plus de trois kilomètres à la ronde.

J’ai appris à nager dans le jardin de mes parents. Dès mon plus jeune âge, ils m’ont appris à nager dans une eau froide. Je n’ai pas oublié cet apprentissage.
Avec Lucas nous avons voulu célébré l’arrivée des Frozen Five au point le extrême au Sud du Spitzberg.

Ce Cap Sud, on l’appelle aussi le point d’arrêt. Nous avons pourtant continué sur la banquise sur environ 100 mètres. Puis, nous avons creusé un trou d’un mètre de diamètre à travers une glace d’environ 10 cm d’épaisseur.

Vous allez peut-être me croire fou, mais j’ai adoré et apprécié chaque seconde de ce bain de mer dans une eau à moins 1,9°C.
Je me suis déshabillé, j’ai longuement inspiré, expiré, et je me suis laissé glisser dans le trou pour m’immerger dans l’eau glacée: j’étais à la fois complètement vide et dans un état de concentration extrême.
Un des moments les plus intenses de ma vie !

Dernière énigme : comment accélérer à skis sur une surface de neige plane jusqu’à atteindre 45km/h sans aucune aide mécanique ?

Prenez une aile volante : un peu de tissu de parachute, quelques cordes et hop, vous voilà parti !
Un ami m’a prêté son aile volante pour notre expédition.
Jusqu’à présent, nous nous sommes contentés de nous exercer et n’avons pas encore couvert de longue distance grâce à ce mode de propulsion.
Se trouver entraîné à grande vitesse sur la neige, par la seule force du vent, quel plaisir, quel bonheur!
Plaisir de la vitesse pure sans bruit et sans machine.
Le vent siffle dans les cordages de l’aile volante : c’est la chanson de la vitesse que j’entends.

Ulli

samedi 28 avril 2007

la vraie nature du PBM

Dans l'article de mercredi 25 avril, les Frozen Five faisaient allusion à un produit, dont j'ai compris (avec difficulté vu les distorsions de son de la correspondance satellite du message audio) qu'il s'appelait le PBM et qu'il agissait comme un produit hydratant et anti-odeurs.

Erratum! Par sms, Lucas m'a expliqué clairement qu'il s'agit en réalité de VBL ou "Vapor Barrier Liner", un sac à viande anti-buée que l'on glisse dans son sac de couchage pour garder son duvet sec!

Ce nouveau terme sera peut-être difficile à ressortir dans les dîners en ville, mais c'est certainement un accessoire important dans la vie de nos jeunes explorateurs.

Sylvie, équipe blog

mercredi 25 avril 2007

les F5 au coeur de l'actualité scientifique

Un article du Monde en date d'hier sur l'expédition arctique Tara et le programme européen de recherches Damoclès.


La tente, comme la vie, c’est une histoire de choix !





Abandonnant pour un temps leur humeur philosophique, les Frozen Five se proposent, dans cette nouvelle série d’articles, de vous livrer quelques éléments d’informations pratiques sur leur vie de groupe, ou de l’importance de la tente dans la vie de l’explorateur arctique.

Car c’est bien là que tout se joue : dans la tente!

Qui parle avec qui? Qui utilise du “PBM”( un produit humidifiant supprimant les odeurs corporelles) ? Et pourquoi les deux jeunots de l’équipe n’ont trouvé la seconde entrée de leur tente que la semaine dernière ?

Commençons par André, le chien.
Qu’il neige ou qu’il vente, André garde le campement, à l’abri derrière le mur de neige que nous construisons chaque soir.

Ensuite, nos deux tentes :
“Roméo”, que nous appelions au début tente n°2, qui abrite Hella et ses deux mentors, Mats et Ulli.
Et enfin, la tente des jeunes, romantiquement baptisée « Juliette », qui héberge Lucas et Kim.

Nos deux maisons de tissu , prévues pour quatre personnes, avec deux entrées, nous assurent un espace de vie suffisant et une bonne protection contre les éléments.
De format cylindrique, avec deux arceaux , et un espace interne de vie fonctionnel, elles sont parfaitement adaptées à l’environnement arctique. Nous avons même un espace de rangement, et creusons un trou “cuisine” chaque soir dans l’abside.

Notre vie au quotidien dans la tente nous occupe énormément.

Par exemple, les tentes « Roméo » et « Juliette » ont chacune leur façon préférée de récupérer la neige et de la faire fondre pour boire et préparer la cuisine.

Le trio de “Roméo” installe son réchaud dans la pièce interieure de la tente, y faisant régner une température d’environ plus 15°C.

Au contraire, les garçons de « Juliette » ont choisi Nansen comme modèle : ils se font pousser la barbe pour développer l’isolation corporelle et laisse leur réchaud dans l’abside. Lucas fait le porridge du matin, et Kim est responsable du dîner le soir.



Comme le dit très justement Lucas : “ Nous passons deux tiers de l’expédition dans notre tente”…Vous comprenez pourquoi nous sommes si attachés à notre petit chez nous!

Les Frozen Five

mardi 24 avril 2007

sms de lucas

Avons atteint cap sud le 22 avril.Pour célébrer Ulli et moi ns sommes baignés dans trou au milieu banquise.bisous.lucas

lundi 23 avril 2007

Jour blanc


Un monde tout blanc, compact et blanc. Blanc comme du porridge.

Un monde sans point de repères, sans haut, ni bas, juste la trace de mes skis derrière moi.

Devant moi, tout est blanc. Il n’y a rien, ou peut-être tout?
Devant moi, un univers invisible.

Impossible de prédire ce qui va surgir devant, au prochain pas, je vais peut-être tout à coup devoir grimper ou glisser dans une pente.
Sans point de repères, le temps et l’espace disparaissent.
L’imagination prend le relais.

Est-ce une montagne devant moi ou une illusion de mon esprit?
Vers quoi est-ce que je me dirige ?
Mes yeux sont mobiles et cherchent désespérément un point précis sur lequel s’attarder mais il n’y a que du blanc, toujours du blanc.

Tout à coup, quelque chose, un petit point. Je le fixe avec difficulté, mais non, ce n’est rien. Juste une poussière sur le verre de mes lunettes de soleil.

Je poursuis ma route et commence à transpirer. C’est donc que ça monte puisque je transpire. Et là, au loin, je discerne les contours d’une montagne, enfin quelque chose sur lequel reposer un instant ses yeux et son esprit.
Mais la montagne disparaît.

A nouveau me voici dans le blanc total et je serais effrayé s’il n’y avait cette trace de skis derrière moi qui guide mes compagnons.

La trace que je laisse me pousse à avancer. Mais voici que Ulli, depuis l’arrière de la caravane, me prévient que je me suis trompé et m’indique la bonne direction. Je me suis encore écarté de notre route.
Je tourne mes skis et je repars, les yeux vissés sur le grand vide blanc. Les yeux aveuglés par le blanc, tournés en moi-même.

Je repars dans ce monde blanc avec pour seul repère ma propre imagination.

Encore un jour blanc, un jour aveugle.

Mats

“le jour blanc” désigne un type de temps où les nuages bas, les chutes de neige et le blizzard, qui transforment constamment le paysage en déplaçant la neige, suppriment toute visibilité et donne une impression de blancheur uniforme.