dimanche 3 juin 2007

Journal de Asgarbfonna

Voilà 3 jours que nous progressons sur cette calotte de glace qui couvre le nord du Spitzberg.

Lors de mon précédent blog, je vous avais parlé de l’été, du ski en T-shirt, and de mes rêveries allongée dans l’herbe…

Nous avons droit maintenant à un autre aspect de l’été Svalbardien. Les nuages recouvrent souvent l’île, et comme nous nous trouvons sur la partie la plus élevée de l’archipel, nous sommes en permanence au cœur de ces nuages.

La combinaison de l’humidité et du vent soufflant sur cette étendue glacée sans fin impose un tout autre habillement que le simple T-shirt.
De temps à autre blancheur laisse place à une superbe vue, sinon les seuls évènements qui viennent rompre cette immense infinité sont quelques cris comme « un pas à gauche ! », « ppc », et « 5 minutes de pause ! »

Ces cris sont devenus notre standard de communication, fruit de 2 mois de ski par ici : toutes les demi- heures nous relayons celui qui tient la pole position et le leader du groupe qui ouvre la trace parfois dans la neige fraiche vient prendre la dernière place ce que nous résumons par PPC, Pole Position Change.
Toutes les heures, nous faisons une pause qui en moyenne dure plutôt 10 minutes. Enfin, le dernier cri sert à la navigation et vient de celui qui tient la boussole et dirige l’ensemble du groupe.

C’est ainsi que nous marchons des heures durant dans la brume. Mes pensées vagabondent dans le passé ainsi que dans le futur, repensant à tous ceux que j’ai rencontrés, imaginant ma vie en rêve éveillé, anticipant combien cela sera sympa d’être à la maison, de prendre une tasse de café en famille ou une bière avec mes amis, ou encore au prochains voyages que je ferai durant l’été.

Mais pour l’instant je suis ici sur Asgarbfonna, et même si les skis sont parfois bien lourds à tirer et que nous sommes plongés dans la purée de pois, je suis contente d’être là où je suis et mes rêves d’ailleurs sont bien absurdes ; le beau temps fait toujours suite au mauvais puis le soleil de minuit vient nous réchauffer, et quand la brume se déchire enfin nous découvrons les extraordinaires crêtes des sommets qui nous entourent.

Hella

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